dimanche 26 août 2012

LES DIVERSES ÉCOLES NÉO-LIBÉRALES

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On trouve des néolibéraux dans un très  grand nombre 'de pays. Une association internationale, constituée après la guerre et dans l'esprit du Colloque de 1938, la « Mont-Pélerin Society » (du nom du lieu de sa première réunion en Suisse), les réunit tous les ans en un Congrès où sont traités dans une optique doctrinale les problèmes économiques de l'heure. A cet égard le néo-libéralisme apparaît paradoxalement comme l'un des mouvements de pensée économique les plus organisés. Mais on peut distinguer dans ce mouvement quelques courants ou même des écoles particulièrement actives et aux caractéristiques souvent assez spécifiques.

- Les libéraux néo-marginalistes : Il s'agit là d'un courant assez peu réformiste, qui assure en quelque sorte une transition avec l'ancien libéralisme. Il groupe principalement un certain nombre d'auteurs autrichiens qui s'étaient exilés aux Etats-Unis après l'annexion de l'Autriche par Hitler et qui avaient d'ailleurs déjà acquis préalablement une grande réputation dans le domaine de la théorie économique. On peut citer outre L. von Mises, R. Strigl, F.  von Hayek, F. Machlup, G. Haberler, Halm, Barone, Pierson. Ces auteurs sont surtout attachés à l'économie libre parce qu'elle leur semble assurer l'allocation optimale des ressources par le calcul économique le plus rationnel et en raison des risques d'esclavage politique qu'entraîne l'adoption de régimes économiques collectivistes.

- Les libéraux français : Deux tendances coexistent en France : une tendance assez traditionnelle, très attachée à l'individualisme et à la liberté pour elle-même, avec Louis Baudin, Louis Rougier et Daniel Villey ; une tendance plus sensible à l'efficacité d'un système concurrentiel avec des auteurs comme René Courtin, Jacques Rueff qui insiste sur « l'ordre libéral » ou Maurice Allais qui défend un « planisme concurrentiel ».

- L'école de Londres : Elle s'est constituée déjà avant la guerre à la London School of Economics, dans la lignée d'Edwin Cannan, et principalement sous l'impulsion de Lionel Robbins. On doit citer particulièrement J. E. Meade, R. F. Harrod, J. Jewkes, F. C.  Benham. Cette école, tout en poursuivant une certaine tradition libérale anglaise, est l'une des plus réformistes. Il est vrai que Stuart Mill et Alfred Marshall étaient déjà des libéraux très ouverts aux problèmes sociaux. Mais, surtout, cette école est la seule qui soit imprégnée de l'influence keynésienne. Plusieurs de ses auteurs ont été des disciples de Keynes et se sont efforcés d'intégrer son enseignement au libéralisme. Si Keynes a eu également des disciples socialistes et s'il a condamné certains aspects du libéralisme, il n'a jamais demandé l'abandon de l'économie de marché. Au contraire, dans la « Théorie générale », il écrivait cette proposition caractéristique : « Nous estimons que la suppression des lacunes de la théorie classique ne conduit pas à abandonner le « système de Manchester », mais simplement à indiquer la nature du cadre qu'exige le libre jeu des forces économiques. » Cette position a d’ailleurs amené certains commentateurs à le qualifier de néo-libéral, ce qui est certainement excessif. Mais, quoi qu'il en soit de Keynes, ses disciples néo-libéraux, comme Meade dans « Planning and the Price Mechanisrn », demandent de profondes réformes de structure, et en particulier une répartition plus égalitaire des revenus pour éviter la domination de l'économie par les plus riches.

- L'école de Fribou:rg : Constituée en Allemagne vers 1933 sous l'impulsion de Walter Eucken, professeur à l'Université de cette ville, elle est l'un des noyaux les plus importants du libéralisme moderne. On peut citer, entre autres, Franz Böhm, Léonhard Miksch, Friedrich Lutz, et hors de l'école, mais très proches de sa pensée, d'autres grands néolibéraux allemands comme Wilhelm Röpke, Alexander Rüstow, Alfred Müller-Armack, Gustav Schmölders et enfin Ludwig Erhard. Sa revue annuelle « Ordo » est la plus importante publication périodique du mouvement néo-libéral. Très influencée par la philosophie idéaliste de Kant, fortement marquée par l'apport de juristes et de sociologues libéraux, cette école a élaboré avec beaucoup de rigueur et d'esprit systématique l' « ordolibéralisme », une doctrine considérée comme un nouveau libéralisme adapté aux exigences d'un pays développé du XX' siècle. L'accent est mis moins sur l'idée de liberté que sur celle de l'ordre économique. Il s'agit de réaliser un système concurrentiel qui éviterait les inconvénients à la fois du laisser-faire et du dirigisme. Une politique économique ferme, une politique sociale intense et une politique sociologique très vaste doivent permettre de réaliser une « économie sociale de marché ». Cette école est probablement celle qui a le plus systématiquement élaboré sa doctrine et s'est le plus engagée dans la vie politique pour la faire triompher dans les faits.

- L'école de Chicago : A la suite de J.-B. Clark et de son fils J.-M. Clark, s'est constituée à l'Université de Chicago la principale école néo-libérale américaine. On peut citer parmi ses membres H. Simons, H. Hazlitt, L. Griffin, F. Knight, G. Stigler et surtout Milton Friedman. La conception néo-libérale de ces auteurs repose essentiellement sur l'idée de l'efficacité économique et de la valeur politique de la liberté. lis accordent une importance toute particulière à la politique monétaire, nationale et internationale, qu'ils considèrent comme la pierre angulaire de l'économie de marché. Friedman et ses disciples sont d'ailleurs les théoriciens mondiaux les plus réputés des questions monétaires. Comme l'école de Fribourg, celle de Chicago est un centre particulièrement actif dans l'élaboration et la diffusion de la nouvelle doctrine libérale. Milton Friedman et ses collaborateurs sont d'ailleurs parmi les conseillers les plus écoutés de l'actuelle administration Nixon.

On pourrait encore citer l'école italienne qui sous l'impulsion initiale de l'ancien président de la République, Mario Einaudi, défend une philosophie économique et sociale assez proche de celle des libéraux allemands, les libéraux belges avec van Zeeland, les libéraux suisses avec W. Rappart et d'autres encore au Japon, en Inde ou en Amérique Latine. De ce caractère assez universel du néo-libéralisme ainsi que de la personnalité de ces auteurs dont plusieurs figurent au tout premier rang de la science économique contemporaine résulte une très grande variété de conceptions et donc une certaine difficulté à caractériser cette doctrine. Cependant il y a, entre tous ces auteurs, un certain nombre de points communs qui autorisent une présentation synthétique.

Idées sélectionnées et proposées par Tarek Abdellatif

Posted via email from tarlatif's posterous

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